
Ou-bien la première phase d'un génocide culturel
?
Pour ce qui me concerne je suis persuadé que c’est malheureusement la réponse positive à la seconde question qui est exacte !
Mercredi 06 août 2008 une « brève » est diffusée sur certaines radios françaises.
Cette information m’a laissée sans voix.
Je l’ai reçue comme un coup violent dans l’estomac et depuis je suis comme sonné.
Je vous livre le texte de cette catastrophe et j’y reviendrai ensuite, pour vous donner mon sentiment et vous exposer les raisons de mon indignation, de mon abattement et de ma rage également.
Le voici :
« Mercredi 06 août 2008. Deux informaticiens russes ont présenté ce matin à la presse un ordinateur extrêmement complexe qu’ils ont réalisé avec l’assistance d’un certain nombre d’informaticiens.
Ils ont intégré à cet ordinateur hors du commun quatre vingt des livres les plus importants du patrimoine mondial.
En utilisant cette base de données extraordinaire, l’ordinateur a écrit un roman.
L’équipe d’informaticiens a dû travailler un certain nombre de passages afin d’en améliorer la cohérence avec l’ensemble, nonobstant, c’est bel et bien cet ordinateur lui-même qui a réalisé cette première mondiale, une œuvre d’imagination ».
Ma première réaction fut immédiatement celle-ci : « L'avant dernier bastion de l’humanité vient de tomber ! »
Une des deux dernières choses qui, jusque à présent, étaient le domaine exclusif de l’esprit humain. La quintessence de l’humanité.
L’élément fondamental qui reliait au spirituel l’être animé (du Latin « anima ») - faisant de l’homme du même coup quelque chose de différent de l’animal - et qui inspirait sa transcendance, vient d’être balayée de façon irréversible par la machine.
Bien sûr, me direz-vous, ce sont des hommes qui l’ont créée.
Il n’empêche que c’est cette machine qui a écrit le roman !
Est-ce un bon roman ?... Là n’est pas la question.
Tant d’hommes en ont écrit de mauvais…
Bien sûr, continuerez-vous, nous avons déjà cédé à la machine une quantité de nos savoir-faire, et elle les a améliorés la plupart du temps de façon magistrale.
Une machine sait peindre. J’imagine que les peintres ont dû être bouleversés par cette annonce. Enfin ceux qui peignent avec leur talent et leur imagination. Pas ceux qui peignent pour alourdir leur compte en banque…
Une machine sait sculpter. Même remarque que ci-dessus. A ceci près que le fait que la machine sache sculpter des formes géométriques qui, rassemblées constituent des volumes représentatifs, tient plus de la géométrie et du hasard que de l’imaginaire…
La machine a battu l’homme aux échecs. Normal, l’ordinateur ne connait que la logique. Il est donc facilement compréhensible qu’il ait soumis l’homme. Pourtant, pour l’instant, un homme, un seul, et sans doute un génie, a su le soumettre à son tour, après avoir été battu deux ou trois fois.
Cela pourrait être rassurant, mais pour moi ça ne l’est nullement car en vérité, c’est plutôt l’homme qui était sur le terrain de l’ordinateur, car celui-ci est conçu logique, uniquement logique ! Et c’est justement cela qui rend cette dernière « invention » si dangereuse pour l’humanité de l’homme, essence de son être.
Que reste-t-il donc maintenant à l'homme pour le différencier de la machine et de la bête ?
La poésie. Juste, tout juste la poésie, rien d'autre ! Evidemment, ce « rien d’autre » risque d’en faire bondir plus d’un. Mais croyez-moi, j’ai le cœur déchiré à la simple pensée que ça puisse arriver un jour.
Personnellement j’ai la chance d’avoir un petit talent d’écriture poétique. J’ai « commis » quelques bluettes que des amis ont eu la gentillesse de trouver intéressantes, voire bien plus…
Un de ces quatre je vais faire un blog poétique sur lequel vous pourrez juger par vous-même…
Pour l’instant je n’ai qu’une chose à vous dire.
Vous. Qui savez ce qu’écrire veut dire. Vous. Qui avez dans le cœur, dans la tête, dans les tripes même, ce petit plus qui fait que les mots vous aiment et qu’ils aiment à se rassembler autour de vous pour créer une des plus fortes et des plus belles choses que l’homme ait jamais créée, la poésie.
Créez. Mariez les mots et leur musique. Assemblez l’inassemblable pour que de cela jaillisse la lumière de l’esprit.
Que vous soyez mystiques ou totalement incroyants, lancez en l’air, à pleines brassées, ces mots qui savent tant nous plaire. Faites leur faire des rondes gigantesques. Amenez les vers ceux qui ne les connaissent pas. Montrez à ceux-là combien ils sont beaux, sensibles, profonds, lorsque l’on sait leur parler.
Montrez leur l’immensité de cette richesse inépuisable, afin qu’eux aussi constituent ce courant ancestral qui fait vivre les mots depuis leur naissance, et avant…
Il ne faut pas que la machine prive l’homme de ce dernier bastion de l’imaginaire, sinon s’en serait bien fini de l’homme et de l’humanité sur terre.
A. Springer
Lundi 11 août 2008


















